Condamnation des salariés de Good Year Amiens

 

THUMB©PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD ; Amiens - Zone Industrielle Nord - Blocage de l'usine GoodYear par les salariés, à l'occasion du C.C.E. extraordinaire à Rueil-Malmaison. - 07.11.2013- Photos FRED DOUCHET - Auteur photo : Frédéric DOUCHET Amiens, France, nov 7th 2013 Workers protesting against the planned closure of a loss-making Goodyear (IW 1000/218) factory in northern France on Thursday used a pile of burning tires to blockade the plant. The action, organized by trade unions representing the 1,173 workers at the plant in Amiens, was in protest over the company's attempts to complete the shutdown. (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree362971.jpg) [Photo via MaxPPP]

Personne ici n’a oublié la lutte des ouvriers de Good Year contre la fermeture de leur usine à Amiens il y a deux ans. Simultanée avec celle des « Contis » dans l’Oise, ces deux conflits sociaux ont marqué les esprits de par leur longueur et leur intensité. Malgré tous les efforts déployés par les ouvriers, leurs proches et les habitants de la région qui se sont joints à eux, les fermetures d’usines n’ont pas pu être empêchées et seules des indemnités supplémentaires ont été obtenues.

Deux ans après, seuls 600 des 1143 licenciés amienois ont obtenu une pré-retraite, une formation ou un CDI et 50 d’entre eux ont décidé de créer leur entreprise avec leurs indemnités. Les 500 autres sont toujours au chômage et nous leur souhaitons de garder la tête haute dans cette épreuve alors que les allocations devraient cesser dans les prochains mois.

Nous apprenons cette semaine la condamnation de 8 d’entre eux à de la prison ferme pour leur action dans le cadre de cette lutte, nous ne pouvons qu’être révoltés et Picardiepopulaire.net voudrait, en cette occasion, adresser son soutien aux personnes concernées et à leurs proches.

virgilio1 cgt-goodyear

Rappelons qu’en 2011, en pleine campagne, François Hollande était venu en personne leur promettre l’interdiction des licenciements boursiers. Il les avait assuré de sa solidarité envers les délégués syndicaux mis à pied. Aujourd’hui c’est l’Etat seul qui a décidé de les poursuivre pour séquestration, alors même que les dirigeants (retenus 30h dans les locaux de l’entreprise) avaient retiré leur plainte: c’est un message clair qu’envoie le gouvernement PS quant à sa position réelle.

1588129_5_d367_en-octobre-2011-durant-la-campagne_d936eefcedcb1766bd6c29f977b5e31b

Du côté des réactions, des élus PS et EELV de la Somme ont déploré la « lourdeur » des condamnations, et Emmanuel Macron, interrogé sur le sujet, a refusé tout bonnement de commenter l’évenement.
Xavier Bertrand, refusant d’écouter le contexte des évenements qui lui était rappelé par Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV, a quant à lui répeté qu' »on ne pouvait pas trouver d’excuse ni légitimer des actes de violence vis à vis de personnes ni de biens« . Quant au Front National, aucun membre n’a réagi publiquement à cette nouvelle, les nouveaux élus locaux ayant visiblement choisi de l’ignorer.

Xavier Mathieu, ancien « Conti » déclarait pour sa part dans Libération « La violence, elle n’est pas de leur côté. Ce sont les fermetures d’usine qui sont violentes. Celles qui mettent les gens dans la merde, qui les poussent vers le suicide, l’alcoolisme, la drogue, la dépression, le RSA. »

Pour le courage qu’ils ont démontré pendant ces sept années difficiles et pour les épreuves qu’ils devront encore affronter avec leurs proches, pour ce que leur histoire a porté d’exemplaire pour tous les salariés de la région et du pays, nous estimions nécessaire, nous à PicardiePopulaire.net, de prendre position. Aussi radicales qu’elles puissent paraitre, les séquestrations telles que pratiquées dans ce cas sont un outil de lutte moralement acceptable quand l’existence de familles entières est en jeu.

Nous nous associerons bien entendu à toute initiative de soutien aux 8 condamnés ainsi qu’aux anciens salariés de l’usine Good Year d’Amiens Nord.

1541997